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Après la crue

Évoquer un monde parallèle, bien différent du nôtre ; un monde de magie, peuplé de créatures remontant aux sources les plus anciennes…

Céline Chevy et Ferdinand Goujon donnent corps aux esprits de l’eau, en transformant les déchets organiques et synthétiques déposés par nos rivières après la crue.

Ils nous invitent ainsi à questionner la notion même de déchet et à activer notre imaginaire autour des légendes et histoires liés aux cours d’eau.

Au programme :

  • Récolte de matériaux au bord des cours d’eau
  • Fabrication de marionettes
  • Ecriture des histoires des personnages
  • Constitution d’un bestiaire des rivières

« En nous déplaçant, que ce soit à pied, en vélo, à cheval ou même en voiture, nous regardons le paysage sans nous rendre compte que nous en faisons partie, aussi bien en tant qu’acteur que spectateur, question de perception.

Souvent, nous redécouvrons ce qui caractérise l’identité d’un territoire, d’une région ou d’une commune. De part ces détails et singularités, il nous est possible en fermant les yeux, en humant et en écoutant, de les percevoir d’une nouvelle manière et de les redécouvrir.

Il y a des lieux qui nous appellent à les aimer. Si nous questionnons différents publics sur ce qu’ils apprécient comme paysage nous avons des réponses souvent incongrues :
« Oh ! moi s’il n’y a pas ceci ou cela je ne peux pas vivre ici ou là. »
« Passer des vacances à la montagne c’est génial, mais y vivre toute l’année ? Je ne m’y sens pas bien… »
En généralité il y a une histoire personnelle liée au paysage ; un idéal, ou bien des peurs, des joies qui ressurgissent; un sentiment lié à un vécu ou à des appréhensions.

Revenons à la rivière qui est le sujet de notre recherche sur le thème « le territoire au fil de l’eau ». Lorsqu’on la voit de haut elle peut être prise pour une route, un chemin qui sillonne à travers monts et vallées, dans différentes contrées. Elle circule bon an, mal an. Au milieu des terres. Ainsi, fleuves, rivières et ruisseaux font le lien entre les communes et leurs habitants. Le cours d’eau n’a pas de frontières, parfois il naît dans un département, pour en traverser plusieurs autres. Créant un lien invisible entre les populations. Un facteur de cohésion. Suivant son parcours, une rivière n’a pas la même faune et flore. Elle n’a pas le même débit, les mêmes problématiques… Après la crue, lorsque l’écoulement de l’eau ralentit, la nature qui a transporté sur des kilomètres tout un tas de déchets, nous les restitue sur les berges. Nous pouvons faire l’état des lieux de notre pollution. C’est précisément cet épiphénomène qui nous intéresse dans notre projet : APRÈS LA CRUE. »

Bestinaire des esprits de l'eau

Les artistes

Céline Chevy

Née à Paris, j’ai grandi entre la Charente, la Côte d’Ivoire et Tours. Très tôt, le dessin, la fabrication et l’envie de raconter m’habitent. Enfant, je monte déjà des spectacles de marionnettes et je m’essaie à la bande dessinée. Cette pulsion créative me conduit naturellement à intégrer les Beaux-Arts de Paris, où je me forme au dessin et à la lithographie. C’est là que je rencontre le monde de la marionnette – une révélation. Ce langage artistique total me permet de tisser ensemble narration, mouvement, matières, voix, gestes et regards.

Je me forme aux côtés de compagnies de théâtre à Paris, et développe un travail de création et de jeu nourris de rencontres et de savoirs. Puis vient le besoin de renouer avec la nature : une opportunité artistique au château de Murol dans le Puy-de-Dôme me fait découvrir cette région, et j’y reste plus de vingt ans. J’y cofonde la compagnie L’Oreille en Pointe, un collectif d’artistes pluridisciplinaires. J’y explore la rue, le théâtre visuel, la transmission. Avec mon compagnon forgeron, je m’initie au travail du métal et enrichis mes pratiques de fabrication.

Très vite, la marionnette devient pour moi un outil de médiation, de lien et d’émancipation. Je mène des ateliers, stages et projets dans des écoles, crèches, centres sociaux, foyers spécialisés, quartiers prioritaires, hôpitaux, instituts de formation. J’interviens notamment à l’UFTS de Vic-le-Comte et à l’EPIRÈS de Clermont-Ferrand (devenu ITSRA), sensibilisation à la marionnette de futurs éducateurs. J’ai également animé plusieurs projets pour la CAF de la Gauthière, en lien avec des femmes de quartiers, ainsi qu’auprès de publics en situation de handicap, un engagement renforcé par ma relation étroite avec ma soeur trisomique.

En 2011, je rejoins le CHU Estaing de Clermont-Ferrand comme clown-marionnettiste dans les services de pédiatrie. Cette mission, humaine et poétique, me marque profondément. En parallèle, je collabore avec des compagnies telles que Les Antliaclastes (théâtre de marionnettes) ou Les Frères du Mystère, dans des spectacles visuels et événementiels.

Depuis bientôt dix ans, je vis à Hérisson, dans l’Allier, un territoire qui se rapproche de mes racines familiales, entre Berry et Sologne. Ici, je poursuis une recherche artistique autour des contes, des mythes anciens, des esprits de la nature. Ma pratique privilégie la récupération de matériaux, le détournement d’objets, la fabrication intuitive, la lenteur, l’écoute. Je crois à la puissance d’un atelier qui ne cherche pas à produire vite, mais à faire naître des mondes sensibles et partagés.

Aujourd’hui, je développe une collaboration intergénérationnelle avec mon fils Ferdinand Goujon, designer. Nos visions artistiques se répondent : lui, fort d’un bagage en design d’objet et d’espace ; moi, issue des arts plastiques et du spectacle vivant. Ensemble, nous menons des projets où la transmission, la co création et le croisement des générations sont au coeur.

Mon regard sur la marionnette a évolué : des années de formation et d’expérimentation, je glisse aujourd’hui vers une posture de passeuse, de facilitatrice. Pour moi, la marionnette devient un catalyseur d’expression
personnelle, un outil de mise en récit de soi, un médium poétique profondément humain.

Je propose aujourd’hui des médiations culturelles sensibles, à destination de tous les publics, dans lesquelles la marionnette permet de créer du lien, de valoriser la parole, d’activer l’imaginaire et de travailler en douceur autour
de thématiques sociales, identitaires ou environnementales. Je m’adapte aux contextes, aux envies, aux capacités de chacun. Mon intention : que chacun puisse se sentir artiste, constructeur, manipulateur, conteur.

Je suis à l’écoute de tout projet qui cherche à faire place à l’invisible, à la voix intérieure, au regard poétique sur le monde.

Ferdinand Goujon

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours adoré les histoires. Qu’elles soient réelles ou fictionnelles, mes préférées sont peut-être issues du mélange des deux. Des récits mythologiques, aux chroniques fantastiques. Des contes : témoignages des croyances du passé, aux fables : mémoires de nos traditions.

Né à Clermont-Ferrand et élevé en campagne Auvergnate par deux parents artistes du spectacle, il était presque tout naturel que mon coeur et mon esprit s’élancent vers des études artistiques. Aiguisant ma créativité et mon imaginaire à travers un baccalauréat Std2a, j’ai poursuivi par un Dnmade Objet pour gagner en méthodologie et me destiner à l’univers du design de produit. C’est durant ces années que je me suis doté d’un regard singulier sur les objets qui m’entourent.

Sensible à la sémantique, à la mémoire et à l’Histoire, j’ai poursuivi mes études par un Dna en section design aux Beaux-arts. Dans le but de ne plus utiliser l’objet comme moyen de consommation mais comme média d’expression et vecteur de narrations.

Apporter le fantastique dans les objets de notre quotidien, Créer des produits à la mémoire de nos folklores locaux, et transmettre des histoires au travers de créations pleines de sens.

Projet soutenu et financé par le programme européen Leader, la DRAC et le PETR Pays de la Vallée de Montluçon et du Cher dans le cadre de l’appel à projet : « Culture et paysages ».

PETR Pays de la Vallée de Montluçon et du Cher

67 T Boulevard de Courtais
03100 Montluçon
Téléphone : 04 70 05 70 70

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